Ce que fait l’Ontario

Pour empêcher cette espèce envahissante non recherchée d’arriver dans la province, l’Ontario a réglementé l’élodée dense comme espèce interdite en vertu de la Loi sur les espèces envahissantes. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la Loi sur les espèces envahissantes et ses règlements, veuillez consulter le site www.ontario.ca/fr/page/les-especes-envahissantes-en-Ontario.

Renseignements généraux

L’élodée dense, également appelée élodée d’Argentine, est une plante aquatique submergée (qui vit sous l’eau) de la famille des élodées. On la trouve dans des types d’habitats d’eau douce très variés, notamment les terres humides, les lacs, les étangs et même les cours d’eau au cours lent. Même si elle est généralement enracinée à des profondeurs de 1 à 2 m, on la trouve dans des eaux allant jusqu’à 6 m de profondeur, et elle peut aussi dériver librement. Les températures optimales pour sa croissance vont de 16 à 20 °C, mais on a établi qu’elle peut passer l’hiver sous la glace. Dans sa nouvelle aire de répartition, cette espèce ne se reproduit que par voie végétative, ce qui signifie que de petits fragments s’en détachent pour former de nouvelles plantes. C’est pour cette raison qu’elle peut se propager rapidement. Cette espèce est devenue une plante d’aquarium et de jardin d’eau prisée, souvent vendue sous le faux nom d’« Anacharis ».

Aire de répartition

L’aire de répartition naturelle de l’élodée dense se trouve en Amérique du Sud (région centrale du Minas Gerais au Brésil, côte de l’Argentine et côte de l’Uruguay). Toutefois, comme elle est très recherchée dans le commerce des espèces destinées aux aquariums et aux jardins d’eau, on l’a introduite et transférée avec succès dans certaines parties de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique centrale, du Mexique et de l’Océanie, ainsi que dans au moins 34 États américains. On n’a pas encore documenté sa présence en Ontario, mais cette espèce a des populations établies dans le bassin des Grands Lacs, y compris dans l’Illinois, dans l’Indiana, dans l’État de New York et en Pennsylvanie. Les magasins pour aquariums et jardins d’eau en font également la vente.

Répercussions de l’élodée dense

Une fois introduite, l’élodée dense peut avoir des répercussions considérables sur les écosystèmes aquatiques. Elle peut rapidement former à la surface de l’eau d’épais tapis capables d’entraver la circulation de l’eau, d’augmenter la sédimentation, de nuire à la qualité de l’eau et d’évincer les espèces végétales indigènes. Les changements de la qualité de l’eau comprennent l’abaissement de la température et la réduction des concentrations d’oxygène, la diminution des nutriments disponibles pendant la croissance, ainsi que l’eutrophisation (surcharge de nutriments) causée par la décomposition de la plante. Les répercussions sur l’écosystème comprennent l’étouffement des graines des plantes indigènes par sédimentation, ainsi que les modifications des populations de poissons indigènes causées par la réduction de la qualité de l’habitat. Les épais tapis d’élodée dense peuvent également gêner activités récréatives, comme la navigation de plaisance, la pêche et la natation, et peuvent obstruer les infrastructures et les prises d’eau.

Comment identifier l’élodée dense

  • On la confond souvent avec l’hydrille, une autre espèce envahissante aux États-Unis.
  • On pourrait la confondre avec l’élodée du Canada (Elodea canadensis), une plante aquatique indigène.
  • La plante pousse sous l’eau, submergée à des profondeurs de 1 à 2 m pouvant aller jusqu’à 6 m.
  • Ses tiges sont minces (entre 1 et 3 mm de diamètre), verticales, cylindriques, simples ou ramifiées, et poussent jusqu’à la surface de l’eau pour former des tapis denses.
  • Les feuilles mesurent entre 1 et 3 cm de longueur, peuvent atteindre 5 mm de largeur et sont regroupées en verticilles de 4 à 8 feuilles.
  • Les feuilles et les tiges sont généralement vert vif et leurs courts entrenœuds donnent à la plante une apparence très feuillue.
  • L’élodée dense produit de petites fleurs formées de 3 pétales blancs qui dépassent la surface de l’eau d’environ 2 cm une fois ouvertes.

Ce que vous pouvez faire

  • Apprenez à identifier l’élodée dense et à prévenir l’introduction ou la propagation de cette plante par l’intermédiaire de votre embarcation ou de votre matériel de pêche.
  • N’achetez jamais d’élodée dense, ne la plantez pas et ne la conservez pas dans votre aquarium ou votre jardin d’eau. Il est illégal d’acheter, de vendre, de posséder ou de transporter l’élodée dense, ou d’en faire le commerce.
  • Ne déposez jamais les plantes d’aquarium ou de jardin d’eau dont vous ne voulez plus dans les lacs ou les rivières de l’Ontario. Jetez-les à la poubelle ou à bonne distance des plans d’eau.
  • Évitez les zones infestées et ralentissez si vous vous déplacez à proximité d’infestations d’élodée dense. Votre hélice peut détacher des fragments et les disperser dans de nouveaux milieux. De nouvelles plantes peuvent se développer à partir de petits fragments.
  • Inspectez votre bateau, votre remorque et votre équipement après chaque utilisation et assurez-vous d’éliminer toutes les plantes, tous les animaux et toute la boue avant de passer à un autre plan d’eau.
  • Si vous avez des informations au sujet de l’importation, de la distribution ou de la vente illégales de l’élodée dense, signalez-les immédiatement en appelant la ligne de signalement du MRNF au numéro 1-877-847-7667. Vous pouvez également appeler Échec au crime sous le couvert de l’anonymat en composant le numéro 1-800-222-8477.
  • Si vous trouvez une élodée dense ou d’autres espèces envahissantes dans la nature, veuillez appeler la Ligne d’assistance téléphonique sans frais sur les espèces envahissantes au numéro 1-800-563-7711, ou rendez-vous sur le site Web EDDMapS Ontario pour signaler une observation.

Galerie


Programme de sensibilisation aux espèces envahissantes de l’Ontario de la FCPO/du MRNFO. (2016). Élodée dense. Extrait du site : www.invadingspecies.com. Cette fiche d’information peut être reproduite à des fins non commerciales.

Photographie de l’en-têtede Robert Vidéki, Doronicum Kft., Bugwood.org