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La salicaire pourpre
( Lythrum salicaria )

La salicaire pourpre est un bel envahisseur, toutefois très agressif; cette plante est apparue en Amérique du Nord au début des années 1800. Les salicaires pourpres ont été apportées en Amérique du Nord par les premiers colons européens; des graines se trouvaient dans les ballasts des leurs navires. Depuis son arrivée, la salicaire pourpre s'est propagée vers l'ouest et on la retrouve partout au Canada et aux États-Unis.

Caractéristiques

La fleur: Chaque lance de fleur est formée de beaucoup de fleurs individuelles. Les fleurs individuelles sont petites et possèdent cinq ou six pétales roses pourprées entourées de petits centres jaunes. La salicaire pourpre fleurit, généralement vers la fin du mois de juin jusqu'au début septembre, et doit être pollinisée par des insectes ou par des oiseaux.

Les capsules des graines: Lorsque les fleurs commencent à tomber, des petites capsules contenant plusieurs petites graines apparaissent à leur place. Tout dépendant de l'endroit où vous habitez, les plantes peuvent produirent de graines vers la fin du mois de juillet.

Graines: Chaque plante mature peut avoir plus de trente tiges fleurissantes qui peuvent produire jusqu'à 2,7 millions de graines annuellement. Aussi minuscule que des grains de sable, les graines se propagent facilement par l'eau, le vent, la faune et les humains. La germination peut se produire la saison suivante et dans beaucoup de conditions environnementales. Les graines sont robustes et peuvent rester dormantes pendant plusieurs années avant de débuter la germination. Des plantes, sans graines, ornementales cultivées, ont démontré leur capacité à produire des graines viables, une fois fertilisée avec le pollen, à partir de populations naturalisées.

Feuilles: Leurs feuilles ont des rebords lisses, arrangées en paires opposées, descendantes en alternance, à 90 degrés les unes des autres, tout au long de la tige.

Tiges: Les tiges sont carrées, avec cinq ou six côtés et ont l'aspect du bois. Elles mesurent plus de deux mètres (6.5 pieds).

Rhizomes: Les plantes matures peuvent se reproduire de façon végétative avec des racines sous la terre, qui peuvent s'étendre de plus de 25 cm (9.8 pouces) chaque année. Sur un plant mature, les rhizomes sont extensifs et peuvent produire jusqu'à 30-50 pousses de jeunes racines, créant une chaîne dense qui obstrue les autres plantes indigènes.

Répartition

La salicaire pourpre se retrouve maintenant dans la majeure partie de l'Amérique du Nord, sauf au Mexique, en Floride et au nord du Canada. Actuellement les secteurs, avec la plus grande concentration et ayant subi le plus de dommages, ont été le sud de l'Ontario, le Québec, le Nouveau Brunswick, la Nouvelle Écosse et les secteurs adjacents au nord-est des États-Unis. La prolifération de cette plante se produit principalement sur des sols perturbés, sur des routes récemment construites, des canaux, des lignes ferroviaires et des secteurs cultivés. Il est évident que la salicaire pourpre prospère dans des endroits très peuplés, qui sont connectés à des routes dégradés et des habitats de milieux humides en dégradation. La salicaire pourpre peut aussi envahir des milieux humides en bon état (sains) et puisque les graines se propagent par l'eau, la plante envahit facilement les cours d'eaux. La plupart des incidents isolés, liés à la salicaire pourpre, ont probablement résulté d'introductions intentionnelles ou d'évasions provenant des jardins ornementaux.

Impact

La salicaire pourpre est une plante très robuste, qui peut facilement affecter les terres humides, et avoir un effet négatif sur la faune, qui utilise les terres humides comme habitat. Les terres humides sont les milieux, avec la plus grande diversité biologique, et les plus productifs de notre écosystème. Des centaines d'espèces de plantes, d'oiseaux, d'animaux, de reptiles, d'insectes, de poissons et d'amphibiens dépendent de la santé des habitats de terres humides pour survivre. Lorsque la salicaire pourpre atteint sa maturité, elle forme une monoculture très dense. Cette monoculture prend la place des espèces de plantes indigènes et les habitats où les poissons et les animaux se nourrissent, s'abritent, se reproduisent et élèvent leurs petits.

Les soucis augmentent depuis que l'on sait que la salicaire pourpre peut envahir des sites plus secs, puisque de façon plus courante, les plantes se retrouvent sur les terres agricoles, prenant la place des récoltes des fermiers et les champs de pâturage. La diffusion de la salicaire pourpre a également un impact économique direct, lorsque les plantes obstruent les fossés d'irrigation, ainsi que le drainage des champs agricoles. De plus, les plantes causent la dégradation et la perte de production et d'espaces de pâturage en terre basses. On estime qu'environ 190 000 acres de terre humide, de marais, de pâturage et de pré riparien sont affectés tous les ans en Amérique du Nord, avec un impact économique de plusieurs millions de dollars.

Prévention

Une des plus simples méthodes de prévention, est d'être certain que la salicaire pourpre ne pousse pas dans votre jardin et que vous ne l'avez pas volontairement ou involontairement plantée. (Quelques mélanges de graines de fleurs sauvages peuvent contenir la salicaire pourpre, donc soyez vigilants et bien lire l'étiquette) Le meilleur moment pour contrôler la salicaire pourpre est au mois de juin, juillet et au début d'août, pendant qu'elle est en fleur et qu'elle est facile à identifier, juste avant que les graines commencent à se former. Enlevez à la main les jeunes plantes dans quelques endroits qui sont peu infestés. Coupez les fleurs, avant qu'elles ne deviennent des graines et assurez-vous que les graines ne produiront pas de futures plantes. Il est important de disposer de manière appropriée des plantes, pour être certain que les graines ne contaminent pas d'autres emplacements. Ceci peut être fait en disposant des plantes dans un sac en plastique, qui restera intact dans un site d'enfouissement. Les plantes peuvent aussi être brûlées. Le contrôle chimique (herbicide) est une autre forme de contrôle, mais devrait seulement être utilisé sur les plantes individuelles, dans les secteurs secs, les endroits élevés et sur votre propriété.

Pour de grandes épidémies, la méthode la plus efficace a été le contrôle biologique, par l'épandage d'insectes, qui sont les ennemis habituels de la plante dans son habitat indigène. Deux espèces de coléoptère: le Galerucella pusilla et le Galerucella calmariensis mangent les feuilles et les nouvelles pousses de croissance; ce qui affecte sérieusement la croissance et la production de graines de la plante. Ces coléoptères n'élimineront pas la salicaire pourpre; cependant, ils agiront et réduiront de manière significative le nombre de plantes et réduiront la production de graine, donc préviendront la propagation. La F.C.P.O., en partenariat avec Coléoptères Ontario et le Ministère des Richesses Naturelles, ont coordonné un programme d'épandage de coléoptères dans le nord de l'Ontario en 2003 et conduiront 80 autres épandages dans l'est de l'Ontario en 2004, avec les nouveaux partenaires: Canards Illimités Canada et les Fonds pour les Habitats Humides.

Beaucoup d'organismes, dans l'ensemble de l'Amérique du Nord, ont pris des actions pour contrôler la propagation de la salicaire pourpre. Les services nationaux de la faune, les agences de ressources naturelles et de l'environnement des états/provinces , les universités, les associations de commerces de plantes, et les organismes communautaires et de conservation ont répondu à l'invasion de la salicaire pourpre, en axant la sensibilisation sur la menace que cause cette plante envahissante, et comment empêcher son expansion. Les programmes de la F.P.C.O., tels que le "Projet Purple" et le "Contrôle Biologique de la Salicaire Pourpre" sont des exemples de mesures qui sont prises en Ontario et qui sont disponibles pour le public et d'autres groupes de conservation qui sont intéressés à s'impliquer.



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