La puce d'eau en hameçon ( Cercopagis Pengoi )
La puce d'eau en hameçon, PEH, est un prédateur du zooplancton. Elle est un membre du grand groupe d'organismes, connu sous le nom de crustacés, et est apparentée à une autre espèce envahissante, le cladocère épineux. Découverte dans le lac Ontario en août 1998, la puce d'eau hameçon est originaire de la mer Caspienne, en Europe de l'Est. Elle a vraisemblablement été introduite dans les Grands Lacs après avoir traverse l'océan dans les eaux de ballast des navires transocéaniques.
Caractéristiques
La puce d'eau en hameçon est un minuscule organisme, qui mesure environ 1 cm de longueur, et est dotée d'une longue queue épineuse. La queue est souvent sept fois la longueur du corps; elle a trois petites barbelures et une boucle unique à la fin de sa queue, qui ressemble à un hameçon, d'où l'origine de son nom. La PEH a un seul oeil noir et une grosse poche incubatrice pointue, qui loge la couvée. Elle mange de minuscules organismes aquatiques, appelés zooplancton, qui sont une source très importante de nourriture pour quelques poissons (spécialement pour les poissons juvéniles) et pour les invertébrés.
La puce d'eau en hameçon est parthénogénétique, ce qui signifie qu'elle peut se reproduire de façon asexuée et sexuée. Dans la plupart des cas, les puces d'eau en hameçon femelles sont dominantes en population, et elles se reproduisent de façon asexuée, dans des conditions idéales, pour produire la progéniture femelle. Elles peuvent produire jusqu'à treize progénitures et se reproduire plusieurs fois dans une saison. En situation environnementale stressante (i.e. température de l'eau basse, manque de nourriture, etc.), les femelles vont produire une progéniture de mâles. Les femelles et les mâles s'accouplent et produisent des "œufs durables", lesquels peuvent rester dormants, pendant de longues périodes de temps. Ces oeufs au repos peuvent résister à des conditions écologiques extrêmes, telles que survivre à l'hiver (le gel), à l'ingestion par des prédateurs et à la dessiccation (séchés hors de l'eau), puis sortent lorsque les conditions écologiques s'améliorent. Les oeufs au repos peuvent éclorent, peu importe si la femelle est morte ou vivante. La queue barbelée rend les femelles capables de s'accrocher aux matériaux, tels que les cordes, les lignes, etc.; ce qui rend très facile leur transfert d'un cours d'eau à un autre. Cette stratégie reproductrice peut permettre à une seule femelle, morte ou vivante, de peupler un lac entier
Répartition
Les rapports officiels, concernant la puce d'eau en hameçon, se sont limités aux lacs Ontario, Érié et Michigan et à plusieurs lacs intérieurs dans l'état de New-York (Seneca, Cayuga, Otisco, Canandaigua, Owasco and Keuka).
Impact
Il est prématuré de se prononcer sur les effets que les puces d'eau en hameçon auront sur l'écosystème des Grands Lacs. L'un des effets écologiques prévus, si la population de puce d'eau en hameçon s'agrandit, est le déclin des espèces indigènes de zooplancton. Des effets sont à prévoir sur les populations de jeunes poissons et de petites espèces, qui se nourrissent de plancton animal, mais aussi sur les grands poissons qui s'alimentent de petits poissons. On pense que les petits poissons sont incapables d'avaler la puce d'eau en hameçon, à cause de sa queue épineuse; ce qui est aussi le cas pour le cladocère épineux.
Dans le lac Ontario, la puce d'eau en hameçon a eu des effets nuisibles sur la pêche récréative et sur l'avenir des pourvoyeurs de pêche. Ces cladocères s'agglutinent en masse sur le mono filament et les lests automatiques. Ceux-ci peuvent alors obstruer complètement le premier oeillet des cannes à pêche, endommager le système de tension du moulinet et même provoquer la perte de la prise. La pêche commerciale est aussi touchée, puisque la puce d'eau en hameçon s'accroche aux filets de pêche.
Prévention
Même si la puce d'eau en hameçon s'est établie dans plusieurs secteurs des lacs Ontario, Érié et Michigan, sa propagation aux autres Grands Lacs ou lacs intérieurs peut être ralentie, voire enrayée. Les oeufs de puces d'eau en hameçon peuvent être présents dans les remorques de bateaux, la végétation, la boue et les sédiments, les seaux à appâts, sur les lignes de pêche et autres équipements de bateaux et pêches. Le matériel contaminé peut facilement infecter un autre cours d'eau. De nouvelles recherches démontrent que vous pouvez prévenir la prolifération de cette espèce et éliminer les oeufs dormant:
Inspectez votre bateau, votre remorque ainsi que votre équipement et enlevez toute plante, boue ou animal visible avant de quitter un plan d'eau.
Vidangez sur terre l'eau du moteur, du vivier du fond de la cale et du caisson, avant de quitter un plan d'eau.
Videz sur terre votre seau à appâts, avant de quitter un plan d'eau. Il est illégal de remettre à l'eau des poissons appâts d'un plan d'eau dans un autre plan d'eau.
Nettoyez et séchez votre bateau et équipement pour tuer les espèces nuisibles que vous n'avez pas vues à la rampe de mise à l'eau. Vu que certaines espèces peuvent survivre plusieurs jours hors de l'eau, il est important de prendre les mesures suivantes :
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utilisez de la solution javellisant 10% (1 fraction de solution javellisant pour 9 fractions d'eau). Cela tue 100% des oeufs dormant après 1 heure,
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laissez sécher votre bateau et équipement pendant 1 mois tuera 100% des oeufs au repos, une semaine en tuera 89%,
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de l'eau bouillante tuera 95% des oeufs au repos après dix secondes, une solution saline, fabriquée avec 1/3 de sel et 2/3 d'eau tuera 95% des œufs dormants après 30 minutes
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d'autres mesures moins efficaces sont: nettoyant pour bateau ( alkyl dimethyl benzyle ammonium chloride, dimethyl ethybenzyl ammonium chloride), nettoyant pour cale (ethylene glycol, monobutyl dodecylbenzene-sulfonic acide, sodium metasilicate et sodium tripolyphosphate), nettoyant pour coque (acide oxalis), 2 ppt de formol et du détergent sans phosphate.
Appelez la ligne d'information sur les espèces envahissantes au 1-800 563-7711 si vous trouvez des puces d'eau en hameçon qui ne sont pas sur la carte de distribution.
La puce d'eau en hameçon et une douzaine d'autres espèces non-indigènes, ont été introduites dans les Grands Lacs par l'eau de ballast des navires. Les agences Canadiennes et Américaines doivent travailler ensemble pour implanter des règlements efficaces pour les navires afin d'éliminer les risques d'introduction d'organismes par la décharge d'eaux de ballast
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